L’état du Web belge – acte 3

J’ai récemment lu l’article de Brice Le Blévennec à propos de l’état du Web belge et je dois avouer que j’étais plutôt d’accord avec lui. J’ai ensuite lu la réaction récente d’Alexandre Plennevaux qui n’était plutôt pas d’accord avec Brice et je dois avouer que je suis un peu moins d’accord avec Alexandre.

La Belgique est une mine de talents, nous sommes tous d’accord là-dessus. Nous avons d’excellents designers, d’excellents développeurs et surtout beaucoup de gens qui ont des idées. Parfois de très bonnes idées. Tellement que j’aurais vraiment du mal à en faire une liste exhaustive. Le problème, c’est qu’avoir du talent n’est pas suffisant. Il faut pouvoir le développer, et ensuite en vivre, dans un environnement qui n’est pas hostile à cela.

Donnez une Fiat Panda à Sébastian Vettel et je ne suis pas sûr qu’il gagnera encore une course de F1. Donnez une poêle à frire au lieu d’une raquette à Novak Djokovic et je ne suis pas sûr qu’il remportera encore un tournoi du Grand Chelem dans sa carrière.

Fiat Panda

Essaye de gagner le Grand Prix de Spa-Francorchamps avec ça…

Être un entrepreneur, vouloir innover en Belgique est très frustrant. On se sent vite isolé. Peu considéré. Peu aidé. Et même si Alexandre semble délaisser un poil l’aspect financier, ça reste le (putain de) nerf de la guerre. Si vous voulez développer votre business, engager des gens, vivre de votre passion, vous avez besoin d’argent. Et en Belgique, on ne vous donne pas d’argent. Sauf si vous gagnez déjà de l’argent. En Belgique, on donne donc de l’argent à ceux qui n’en ont pas besoin vu qu’ils en gagnent déjà.

L’autre problème en Belgique est qu’on voit assez petit. On a assez peu d’ambition. On essaye en Belgique et puis on verra. Peut-être qu’après on attaquera le nord de la France. Quand on crée quelque chose dans la Silicon Valley, on veut changer le monde. Ça peut parfois paraître utopique mais au moins, on ne s’auto-limite pas sur la ligne de départ. On ose choisir de rouler en Porsche 911 même si on risque plus d’avoir un accident qu’avec une Fiat Panda. Parce qu’ici, avoir un accident, ce n’est pas si grave que ça. L’échec est même plutôt bien vu. On a appris pour la prochaine fois. En Belgique, l’échec, c’est le mal. Bouh. Caca. Sans compter que les indépendants, ceux qui osent lancer leur propre business sont des gens assez mal vus. Des bizarres. Des mauvais. Des arnaqueurs.

Je suis désormais fortement convaincu qu’il est très difficile voire impossible de développer une startup Web B2C à échelle mondiale depuis la Belgique. Pour que ça marche, vous avez besoin d’une masse critique. Et la masse critique, ce n’est pas en Belgique que vous la trouverez. Vous avez besoin d’un marché et le marché est trop petit en Belgique. Netlog reste peut-être l’exception qui confirme la règle. Et c’était un Facebook avant Facebook. Mais ce n’est pas devenu Facebook. CQFD ?

Pour le B2B, ça reste possible. Des startups comme Knowledge Plaza ou Kickoff tendent à nous le prouver. Il vous suffit finalement d’avoir quelques clients de renommée internationale et la réussite peut vite être au rendez-vous. Plus facile à dire qu’à faire bien entendu. Mais qui sait où ces startups seraient aujourd’hui si elles étaient basées à Moutain View, Palo Alto ou San Jose et non pas à Louvain-la-Neuve, Bruxelles ou Gand. C’est un autre débat.

La liste d’Alexandre est belle, mais…

Mais…

Checkthis et WooRank pourraient vraiment exploser en venant s’implanter en Californie. Je leur dis souvent et je sais qu’ils y pensent tous les soirs avant d’aller dormir. Pas vrai les gars ?

Storify est une startup… américaine. Le CEO de Storify est originaire de Nivelles mais c’est finalement tout ce que cette boîte a de belge. Je pense que Xavier aurait bien voulu créer sa société en Belgique mais il a été jeté comme un malpropre à chaque fois qu’il a demandé un peu d’argent pour démarrer. Il a donc été presque obligé de s’installer à San Francisco pour pouvoir lancer Publitweet et ensuite Storify.

Drupal a également été créé par Dries Buytaert, un belge et ce projet open source s’est assez vite répandu dans le monde entier. Mais comme vous le savez, l’open source, ça ne rapporte pas vraiment beaucoup d’argent. Dries a donc décidé de lancer une boîte de consultance, Acquia, pour gagner de l’argent avec l’expertise sans pareille qu’il a de son propre produit. Et Dries a choisi de lancer Acquia, non pas à Anvers, d’où il est originaire, mais à Boston, là où ça se passe.

De source sûre, je sais que Davy Kestens, le fondateur de TwitSpark s’installera prochainement à San Francisco et TwitSpark deviendra probablement une startup américaine également.

François Deliège, qui a travaillé à l’élaboration de data.be avec Toon Vanagt, est aujourd’hui le CTO de Memolane, startup basée à deux blocs de Union Square, à San Francisco.

Des designers talentueux comme Tim Van Damme ou Veerle Pieters ont connu leur plus grande renommée dès qu’ils ont décidé de s’envoler de l’autre côté de l’Atlantique et travailler pour des startups et des clients américains.

Veerle Pieters

Le talent n’est pas et n’a jamais été le problème.

Qui a parlé de fuite des cerveaux ?

Je ne connais malheureusement pas assez les autres startups pour en parler mais si leurs fondateurs tombent par hasard sur mon billet, je serais curieux de connaître leur retour d’expérience. Surtout si c’est pour me dire que je me trompe, car j’aimerais tellement me tromper à ce sujet.

Bref, le talent et les idées, ce n’est vraiment pas ce qui manque en Belgique. Ce qui manque, c’est un bon environnement pour leur donner de l’essor. Pour percer dans le football, les meilleurs joueurs belges doivent aller en Italie, en Angleterre ou en Espagne. Nos comédiens tentent de percer à Paris et les meilleurs aboutissent à Hollywood. Pourquoi en serait-il autrement pour le Web ? Pourquoi essayez de se convaincre que ça peut marcher alors que ça n’a jamais marché et que ça ne marchera probablement jamais ?

Et finalement, je rejoins Brice. Tout ce qui se fait en Belgique est assez peu excitant. Et si ça devient excitant, c’est parce que c’est devenu un peu moins belge, voire presque plus belge du tout.

La parole est à vous.

22 Comments

  1. PaKaL's avatar PaKaL says:

    Ouais moi y a surtout un truc que je ne comprend pas du tout…
    Si t’as du talent et les ressources (humaines et matérielles) peu importe ou tu te trouve non?

    Tu developpe ta super idée über hype en belgique et tu host ou tu veux, qu’est-ce que ça change?

    Bref je ne comprend pas pourquoi un truc comme Storify, Facebook, Twitter n’aurait pas pu démarrer en belgique…

    Think Global c’est pas pour les chiens!

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  2. Roald's avatar Roald says:

    Merci Vinch pour ce billet, ça a le mérite d’avancer le débat.
    Je crois malheureusement que Brice et Alexandre parlent clairement sur des plans différents. Brice a plutôt une vision “agence” (même s’il a des doigts dans des startups). Alexandre met en avant plein de petits projets, généralement sympas, mais j’en vois peu qui pourraient “exploser”…

    Je ne suis pas tàf d’accord que l’on est “seul” quand on veut entreprendre en Belgique. C’était peut-être vrai il y a 10 ans ; à présent, il y a un écosystème “startups” qui est bien vivant, avec BetaGroup, avec plusieurs programmes d’incubation, comme le Boostcamp du MIC (disclaimer: je m’en occupe), le Founder Institute, Startup Weekend, etc.
    On peut trouver de l’argent : les bourses de préactivité en Wallonie, c’est 12 KEUR pour démarrer, puis d’autres aides sont possibles (chèques technologiques, étude de faisabilité, etc. sans doute même *trop* d’aides ;-), puis on peut trouver de l’argent “angel” pour les bons projets et les bonnes équipes.
    Il y a sans doute un problème d’ambition, ça c’est sûr. Ici, on est déjà content quand on a lancé une boite, et qu’elle peut payer 4-5 personnes… On voit rarement plus loin.
    Déjà quand on parle de faire “one million dollars” (wink), on est regardé avec un peu de suspicion (“comment osent-ils ?” 😉
    Et beaucoup n’ont pas d’idée “comment faire de l’argent avec ça” au départ de leur prouesses techniques. On manque de *business developers* à côté des développeurs !

    Mais pourtant ces entrepreneurs ambitieux existent, parfois moins visibles ; je pense à l’un ou l’autre que je ne retrouve pas sur vos listes :
    – OpenERP (basé dans une ferme à Grand-Rosière…) est le logiciel de gestion (open source) le plus downloadé au monde (et fait plusieurs millions d’EUR de chiffre d’affaire, en croissance à 3 chiffres) ;
    – 2houses.com , à peine lancé, a clairement l’ambition d’être un player européen dans la gestion des familles séparées ;

    Donc oui, ça doit être possible de lancer quelque chose d’ambitieux depuis la Belgique.
    C’est sans doute *beaucoup* plus commun (j’ai pas dit “facile”) dans la Bay Area, parce que l’on est 100 x plus stimulé, que la barre est plus haut, et que tout ça tire le marché vers le haut.
    Let’s move it forward (and upward) !

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  3. PaKaL's avatar PaKaL says:

    Sorry j’ai été interompu dans mon élan…

    Une fois ta super idée lancée de belgique rien n’empeche un investisseur étrenger de suivre…

    Les mecs qui démarrent dans leur cave a San Francisco doivent aussi faire leur preuves, commencer à developper et lancer leur projet sur fonds propre…

    Par contre si ta super über idée hype n’est que Belgo-Belge, genre Fritebook avec une différence pour la version flamoutch et wallone, c’est pas ça qui va attiré l’investisseur…

    Le prob de la belgique c’est qu’elle à du talent et des compétances mais elle reste orientée assistanat!

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  4. Merci Vinch pour ce point de vue bien informé.

    C’est surtout ce paragraphe de Brice qui m’a viscéralement énervé :

    “Pourtant, lorsque je scanne notre wiki, je remarque une singularité: il n’y a quasi aucun lien un tantinet excitant de projet belge. Le Web belge reste désespérément ennuyeux. Peu de projets innovants. Peu de sites d’e-commerce. De rares mini-sites à l’expérience originale. Pas de Web service, ni d’API intéressante… Bref, il ne se passe pas grand-chose sur le Web de notre Royaume.”

    Pour le reste, je me bats personnellement pour faire changer les mentalités sur la notion d’échec (au niveau académique particulièrement – j’enseigne le web design) et c’est clair que la mentalité est un gros problème en Belgique.

    Cela dit, et je pense qu’on peut se rejoindre là-dessus, c’est la mentalité des investisseurs qui est trop ancrée sur les produits physiques qui pose problème. La créativité est là, la compétence aussi, au même titre que n’importe quel autre pays d’Europe.

    Oui il existe des plans d’aides et de subventions: mais les montants sont faibles (venant des institutions francophones qui manquent de moyen et de professionalisme) et éparpillés. C’est un vrai labyrinthe, on dirait que chaque politique veut laisser son empreinte et “invente” un nouveau bidule. Année après année, cela s’accumule et contribue à complexifier inutilement la démarche de ceux qui veulent du soutien public.
    Comparé à l’efficacité d’un modèle basé sur des business angels, il n’y a pas photo, et c’est à la fois cette facilité, cette informalité, et d’autre part l’importance des montants en jeu qui provoque cette fuite des projets vers les USA.

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  5. Michel's avatar Michel says:

    Sai ossi l’aurtograf le problèm 🙂

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  6. Yann's avatar Yann says:

    Il ya sans doute moins de possibilités pour lancer des produits mondiaux B2C en Belgique… mais je m’en fous. Si la Belgique réussit à former des talents qui sont reconnus partout dans le monde (dont apparemment en Belgique par les spécialistes belges du web), qu’ils lancent leurs propres projets ou s’intègrent à d’autres, qu’ils le fassent depuis un parc industriel wallon ou la silicon valley, ça n’a strictement aucune importance (idéologique, je ne parle pas d’économie ici), à mon sens.

    Je ne vois aucun soucis à ce que des entrepreneurs belges ambitieux du web aillent s’installer à San Francisco si cela leur permet d’exploiter les compétences, les idées, les envies qui sont nées ici. Je ne vois même pas pourquoi, idéologiquement, on devrait mettre en oeuvre des politiques qui tendent à inverser ce processus.

    Economiquement, ce sont des choix à faire. Est-ce que la Belgique peut devenir un lieu de pointe dans le web mondial? Est-ce que modifier fortement la manière dont l’économie belge est gérée afin d’atteindre cet objectif est réaliste et souhaitable? Je n’ai pas les compétences macro-économique pour le déterminer. Mais comme Brice le relevait dans son article, la petitesse de son marché, sa fragmentation et la “mentalité” des locaux me laisse penser que ce n’est peut-être pas la bonne direction économique à suivre.

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  7. Victor's avatar Victor says:

    Gagner un Grand Prix de F1 en Fiat Panda? Challenge accepted !

    Tout cela pour dire que ce qui compte c’est de le faire, de le tenter, d’y croire et d’aller vers ce qu’on veut. Comme tu le dis bien, ne pas avoir peur de l’échec. Les gens sont traditionnellement en Europe très attachés à leur sécurité et leurs avantages d’employés et n’osent pas risquer d’entreprendre. Bien que ce n’est pas véritablement un problème en soi, on peut concevoir que l’innovation soit freinée par cette mentalité.
    Ce que j’ai également remarqué, c’est que beaucoup d’agences entretiennent la culture de la peur et du contrôle sur les employés, au lieu de les motiver, les laisser respirer ou encourager la créativité. Au final, on a des employés qui préfèrent restés scotchés à une chaise plutôt que de donner le meilleur d’eux-mêmes…. Aux Etats-Unis, dans les agences, c’est différent, on favorise un environnement créatif, châleureux, et la communication est directe, sans hiérarchies apparentes.

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  8. Jean's avatar Jean says:

    Je suis partiellement d’accord avec les commentaires précédents…

    Je ne pense pas que pour réussir, il faille obligatoirement créer Facebook ou viser le “monde” comme marché minimal…

    Quand on y repense, la Flandre a fait sa “fortune” sur une multitude de “petites” entreprise, heureuses d’être dans un créneau, profitables et de taille souvent modérée.. visant un marché régional, voir belge ou européen …

    N’est ce pas ce qu’il nous faudrait en version 2.0 ?

    Pourquoi faire peur aux jeunes en leur parlant d’une obligatoire ambition mondiale ?

    Pourquoi leur faire croire qu’il faut obligatoirement lever 1-10 ou 100 millions d’euros ? Beaucoup de multinationales font leur business en vendant des services aux starters leur prétendant à coups de marketing qu’il est nécessaire d’avoir les derniers outils CRM + datawarehouse + serveurs et j’en passe …moyennant évidemment finances … (le tout finalement payé par le contribuable au moyen d’aides diverses)

    Au far west, les vendeurs de pelles on fait fortune auprès des chercheurs d’or 🙂

    S’ils peuvent créer un service en ligne qui emploie 4-5 employés profitable et sain a long terme, pourquoi pas ! même si ils visent la clientèle du hainaut uniquement !

    Je pense sincèrement qu’un renouveau wallon peut venir d’une multitude de petites initiatives réalistes, plutôt qu’attendre un Facebook belge qui ne viendra peut être jamais….

    Du bon sens que diable 🙂

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  9. JF's avatar JF says:

    @Pakal: attirer un investisseur serieux ici? arrete de rire. Nous sommes un désert économique, gangréné par une classe politique clientéliste (pour ne pas dire corrompue), et des syndicats qui t’empêchent de faire quoi que ce soit.
    Si tu vas a SF, tu trouves pléthore de venture funds (encore faut-il les convaincres), et un tremplin idéal pour ton idée… C’est le leverage qu’on n’a pas ici…
    De manière général, c’est toujours plus facile d’avoir chaud près du soleil, que sur la lune… et dans ce cas, la lune, elle est en Walbanie.

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  10. Max's avatar Max says:

    Je sais que mon avis n’est qu’une goutte de pisse dans l’océan mais, n’oubliez pas que le “WORLD wild web” n’est pas limité à un pays même si le public cible visé est restreint, je prend pour exemple le cas de Facebook réseau universitaire à la base(maintenant devenu mondial)… Facebook est Américain me direz vous, mais lorsqu’on fait référence à Facebook on pense à un talent, à Mark Zuckerberg, pas à l’Amérique.

    Parlons de cela oui c’est Américain mais en Europe on ne vit pas du tout de la même manière. Ce n’est pas le pays qui fait le succès, c’est l’utilisateur et pour ça il faut le séduire.

    Comme cet article et celui d’Alexandre le montre de nombreux talents démarrent de la Belgique (grâce à de bonnes formations Belges) et s’étendent à l’étranger pour certains, le web à donc un avenir en belgique et/où depuis la Belgique.

    Une question, lorsque l’on parle de Google ou de Facebook, peut on encore parler de région géographique? où de limite?

    Le web c’est tout le monde, nous sommes le web et nous y contribuons tous, il n’y a pas de pays c’est une unité.

    Pour finir je dirais que les objectifs des projets qui naissent sur le web ne sont pas seulement profit et économie, ceux-ci proviennent d’un besoin auquel ils répondent, l’objectif est donc de rendre plus facile la vie de l’utilisateur.

    ai-je tort ai-je raison? cela dépendras de tes opinions personnelles

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  11. Ced's avatar Ced says:

    Je vois deux choses :

    – Des startups belges qui essaient de copier ce qui se fait dans la Silicon Valley -> ça ne marche pas
    – Des startups belges qui exportent un concept purement belge en Californie (par exemple le truc Vive La Tarte dont Sandra parlait) -> ça marche

    En plus de l’argent, c’est peut-être ce qu’il manque, un peu de simplicité et surtout de belgitude. Et moins de “on va faire un Facebook killer”…

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  12. Monsieur M's avatar Monsieur M says:

    Je suis assez d’accord avec le propos de Victor.

    Pour moi ca forme un tout. Oui il existe des solutions pour lancer les start-up en Belgique, mais es ce que le belge pense global ?
    Je me permet la comparaison avec les dernières grèves. Pendant des mois on a pas eu de gouvernement et une crise a “affecter” tout le monde. Maintenant qu’il y’a un gouvernement, pas parfait certes, ils nous font 2 grèves qui bousillent 2 journées de travail.
    Je m’écartes un peu du sujet, mais pour moi c’est representatif du petit belge et son confort comme le stipule bien Victor.

    La culture américaine cultive son american dream et a voir les choses au niveau d’un continent voir plus. Ici, quand on doit déjà faire qqch de billingue, on chie des caisses.

    C’est nul, mais c’est pas près de changer j’ai l’impression.

    a nous de changer la donne 😉 Vinch, y’a de la place chez Storify ? 🙂

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  13. Jerome's avatar Jerome says:

    Moi aussi le billet de Brice m’a énervé. Et le tien m’énerve aussi. Parce qu’ils se trompent de combat et témoignent encore une fois du plus gros problème belge: une auto-critique un peu trop facile, et un peu trop lourde.

    Là où je suis complètement d’accord:

    * La Silicon Valley est un sol (beaucoup) plus propice à la création de startups que Braine-le-compte.
    * La Belgique, et sans doute à plus forte raison la Wallonie, est effectivement une terre où il fait meilleur être syndicaliste qu’entrepreneur.

    C’est triste, c’est dommage. So?
    Personnellement, j’ai plutôt l’impression que ça va généralement dans le bon sens (mesures d’austérité et autres conneries du moment mises à part), il y’a de bonnes initiatives et des aides qui petit à petit se modernisent (cf le post de Roald), etc etc.
    C’est clair qu’on est très loin de l’écosystème Silicon Valley, mais bon quoi, on y déménage tous? Pas toujours évident quand on a une maison, des enfants, ou un dogue allemand (huhu).

    Là où je suis plutôt d’accord aussi c’est que le marché Belge est ridicule.

    Mais justement, j’ai l’impression que c’est aussi un avantage: le marché est tellement petit qu’intrinsèquement l’entrepreneur Belge est naturellement tourné vers l’extérieur, il parle souvent 2 langues voire 3 et ne se pose même pas la question de savoir si il doit exporter, c’est acquis.

    Maintenant, c’est certain aussi qu’il y a vraiment très peu de chances qu’un nouveau Foursquare voie le jour à Rixensart. Ou un nouveau champion de ski alpin. Soit.

    Là où je ne suis pas du tout d’accord, c’est quand je lis qu’il n’y a rien ou presque d’un “tantinet excitant sur le web belge”. Pas pour dire que le web belge est supra folichon, mais plutôt qu’au niveau de l’attitude, dénigrer de la sorte ceux qui essayent, c’est franchement dommage.
    Surtout quand on a 350 employés et de solides ressources, ahem.

    Tu parlais de Netlog… Alors oui, ce n’est pas devenu Facebook, mais tu en connais beaucoup des réseaux sociaux qui l’ont chatouillé à ce niveau?
    Plutôt que de s’en orgueillir, le belge, lui préfèrera parler de balkanisation ou dire “mais ce n’est pas Facebook”.

    Il est là, le plus gros problème belge, à mon humble avis.

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  14. vinch's avatar Vinch says:

    PAKAL : Il reste toujours cette dimension locale. Les gens se voient, se rencontrent, discutent, créent des projets ensemble. Tout le monde se connait, les créateurs de startups, les développeurs de technologies, les rédacteurs de TechCrunch et Mashable, etc. Ça aide beaucoup. Et les investisseurs auront plutôt tendance à investir dans des gens qui ont déjà fait leurs preuves dans la Silicon Valley que dans des inconnus qui viennent d’un pays qu’ils ne peuvent même pas situer sur la carte. Bref, la dimension locale reste importante et ce n’est pas prêt de changer.

    ROALD : Oui, il y a des initiatives et des aides mais pour moi ça reste quand même super anecdotique. Enfin, je ne vais pas trop m’avancer sur ce terrain car tu t’y connais sans doute mieux que moi à ce propos. Dans des événements comme le BetaGroup, ce qui m’énerve un peu, c’est cette question qui revient tout le temps à la fin des présentations : “What is your business model?” Parfois à des boîtes qui sont encore en phase beta voire alpha. On devrait plutôt se concentrer à faire un truc utile, que les gens utilisent, et ensuite on pourra penser au business model. Il faut directement avoir une vision mais pas forcément un business model. Et cette obsession est répercutée chez les gens qui investissent. Google et Facebook ont commencé à gagner de l’argent après de nombreuses années. Et je suis sûr qu’avec le même produit et les mêmes talents à la conception, aucun investisseur belge n’aurait mis un balle dans ces boîtes si elles étaient nées en Belgique. Et ce n’est pas avec une bourse de la région wallonne que ces sociétés aurait pu devenir ce qu’elles sont aujourd’hui. PS : OpenERP a des bureaux à San Jose aussi.

    ALEXANDRE : No problem, je pense qu’on se rejoint finalement sur beaucoup de choses. Ce qui m’a le plus dérangé dans ton article, c’est le fait d’associer à la Belgique des trucs qui n’ont plus vraiment grand chose en rapport avec la Belgique. Je ne voudrais surtout pas voir un politicien faire de la récupération de ces victoires alors qu’elles ont été remportées en dehors du plat pays. Et surtout ne pas penser que ces succès prouvent que tout va bien car tout ne va pas bien.

    YANN : On est bien d’accord, la Belgique regorge de talents et de talents qui réussissent mais pour cela, ils doivent généralement s’exporter. On peut en être fier, mais peut-on vraiment qualifier ces succès de “belges” ? Là est toute la débat.

    JEAN : Il y a de la place entre un nouveau Facebook belge et une PME qui vise le Hainaut. Un nouveau Facebook belge, je n’y crois pas. Même un nouveau Facebook américain ne verra jamais le jour (par là, je veux dire, une réussite si gigantesque). Après, pour moi, l’idée est de ne pas se limiter au départ. Et ne pas se reposer sur ses lauriers trop vite.

    MAX : Même si des sociétes comme Facebook et Google sont devenues mondiales, elles restent des sociétés américaines et c’est principalement à l’économie américaine que ça profite. Même si on vend des Toyota dans la monde entier, ça reste une voiture japonaise.

    CED : Tout à fait d’accord avec toi.

    JEROME : Content que tu ne sois pas d’accord avec moi. C’était le but. Mon avis est peut-ête négatif et critique mais je pense qu’il est réaliste. Oui, on commence à voir doucement des trucs bouger en Belgique. Mais pas encore assez vite. Et quand on démarre une startup, on n’a vraiment pas de temps à perdre. Pas d’accord ? Et je ne dénigre pas, j’encourage tout le monde à se lancer, je suis fan des bonnes idées et je n’hésite jamais à le dire mais j’ai réalisé qu’en Belgique, ça devenait quasiment impossible. Et ça me rend triste de voir tout ce talent un peu gâché finalement. Après, le reste, c’est une question de couilles. Pas facile quand on a une maison et des enfants ? Moi je pense que quand on veut, on peut. Et je déteste les choses faites à moitié alors qu’elles auraient pu développer leur full potentiel dans de meilleures conditions. Bref, ce n’est que mon avis, et je suis content de voir des gens qui ne sont pas d’accord avec moi, car comme je l’ai dit, j’aimerais tellement me tromper…

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  15. Jean's avatar Jean says:

    Il y a aussi Skilto.be qui est une grande success story belge 😉

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  16. Davy K's avatar Davy K says:

    Loved the article! 🙂
    Even though Belgium is trying and there are a few governmental funds, the mentality is wrong and as long as the general public will keep looking at entrepreneurs as crooks and thieves, the situation in Belgium will only get worse.

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  17. Mike's avatar Mike says:

    Personnellement, je crois qu’autant Brice que toi aviez résumé au mieux la situation.

    Beaucoup de gens savent que ça ne sert à rien de créer quoi que ce soit ici, même d’essayer. Les clients sont trop frileux pour les nouveaux concepts. On joue toujours avec les technologies et les mêmes acteurs qui sont actifs dans le domaine depuis des années et voila. Les nouveaux, les outsiders et autre peuvent tous aller se faire m****e bien profond ! Il ne faut pas essayé de nier ce qui est une évidence: “La Belgique est trop petite pour faire quoi que ce soit !!!”. On a nos leaders et c’est tout (Regarder en politique, on joue toujours avec les mêmes).

    Merci Vinch pour cet article.

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  18. Bartdude's avatar Bartdude says:

    J’ajouterai que pendant que j’y ai travaillé et depuis que j’en suis parti, j’ai également vu fort peu de choses excitantes dans les réalisations d’Emakina (belgique)… qui a pourtant un certain potentiel avec la masse de talents qu’elle abrite. Que ce soit dans les trucs qui remportent des prix (ca aussi ca mériterait un article, les awards…) ou dans ceux qui rapportent (ou sont sensés rapporter) de l’argent, on reste quand-même dans des choses relativement convenues… actionnaires obligent, je suppose ?
    Quoi qu’il en soit, bonne chance et bon courage aux entrepreneurs ! Respect !

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  19. Delcampe c’est 100% belge : c’est 600k utilisateurs, c’est 670K membres. c’est 900K objets vendus par mois. Ca couvre 11 pays + une zone internationale. C’est 20 personnes qui en vivent (en comptant externes)

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  20. Bartdude's avatar Bartdude says:

    Christophe > Et c’est tout sauf excitant si on ne parle pas de chiffres… Concept pas original, design inexistant, usability discutable et respect des standards… euh on va même pas en parler.
    Bref, sur le fond comme sur la forme, ca a au moins 10 ans de retard. Magnifique exemple !

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  21. Georges's avatar Georges says:

    Bartude > Ton commentaire est représentatif d’un état d’esprit qui me parait bien malsain…

    Delcampe a un service sur internet qui fonctionne, plutôt bien, au niveau international et qui est profitable.
    Il a créé tout cela avec ses petites mains, sans faire péter des milliards de capital risque. Il donne du boulot à 20 personnes, de façon saine…

    Toi ca te parait moche, le gars il fait pas du html 5 et n’a pas d’appli iphone donc c’est naze…

    Je voudrais te rappeler que le but d’une société est de faire de l’argent en vendant un produit ou un service. Pas de s’amuser à développer des truc cools que tu as vu sur un blog étasunien.
    Faire un buzz et de disparaitre dans l’anonymat le plus complet 1 an plus tard n’est pas une stratégie de société.

    Je pense que c’est toi qui a 10 ans de retard, repenses aux statut magnifiques des années 2000…
    la profitabilité on s’en fout, il suffit d’être le premier ! Combien sont encore la ?

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  22. Bartdude's avatar Bartdude says:

    Georges > encourager la médiocrité technique sous prétexte qu’elle génère du profit me paraît également assez malsain… aucune ambition, aucune fièreté, aucun amour du travail bien fait, super !

    Delcampe me paraît moche oui. Les gouts et les couleurs étant discutables, soit ! Reste que je doute qu’il y aie un designer là-derrière, ca ressemble fort à ce que je pourrais faire sans me fouler en tant que dévelopeur.

    Pas de HTML5 et pas d’application iPhone ? Où est-ce que j’ai regretté cela ? Ce qui me chagrine, c’est l’intégration tout en tableau, les nombreux éléments de mise en page inline, l’emploi de marquee (je n’avais plus vu ca employé depuis la fin des années 90 sur un site qui se veut professionel…), etc, …
    Si tout cela te paraît normal ou que simplement tu étais trop occupé à te pignoler sur le bilan de l’entreprise pour y regarder de plus près, grand bien te fasse, mais pour la plupart des gens qui s’y intéressent un peu et viennent peut-être ici pour ca, c’est juste une horreur.

    Tout le sujet du post et de la discution dans laquelle il s’inscrit étant l’état du web belge, je me permet d’affirmer que les travailleurs de ce secteur sont réellement mal barrés si Delcampe doit en être le porte-drapeau.
    Heureusement qu’il reste un paquet de passionnés extrêmement doués, ou simplement des gens désireux de ne pas produire de la merde, qui arrivent à la fois à faire des choses techniquement innovantes, ou en tout cas actuelles ET à en vivre ET à en faire vivre d’autres. Mais soyons clairs, je ne pense pas qu’aucun de ces passionnés travaille pour Delcampe, sauf peut-être par masochisme. en tout cas, ca va être dur de continuer ailleurs dans le domaine avec une tache pareille dans son book…

    Quant à parler de ceux qui sont encore là et de ceux qui n’y sont plus, sans être un économiste de haut-vol, je dirais que les entreprises qui perdurent sont celles qui cherchent sans arrêt à s’améliorer et à améliorer leur produit, pas celles qui regardent leur profit et espèrent que ca va continuer comme ca… et là je te renvoie à ton exemple fort mal choisi, car ce qui a fait éclater la bulle internet, ca n’est certainement pas un trop-plein d’innovations, mais un trop-plein de fric !

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